Nouvelles prévisions à l’égard des décisions de la Fed : maintien des taux pour le moment

févr. 19, 2026 - 6 minutes
Foule de gens en costume d’affaires qui marchent à l’extérieur, vus de l’arrière en plein jour.

Ce que vous devez savoir :

  • Le taux de chômage a continué de baisser en janvier, ce qui confirme la récente évolution favorable du marché de l’emploi aux États-Unis.
  • L’amélioration des perspectives d’emploi devrait permettre à la Fed de reporter son attention sur le deuxième volet de son mandat, c’est-à-dire l’inflation, et son évolution attendue pour 2026.
  • Changement des prévisions à l’égard des décisions de la Fed : nous continuons de prévoir des réductions de taux trimestrielles de 25 points de base.
  • L’assouplissement attendu ne résultera pas d’une détérioration des conditions économiques, mais plutôt de la normalisation de la politique monétaire à mesure que l’inflation reviendra progressivement vers sa cible.
  • Les taux des titres du Trésor devraient continuer de baisser tout au long de l’année, mais nous avons révisé nos prévisions de fin d’année pour les titres du Trésor à 10 ans à 3,75 %, ce qui est nettement inférieur aux indications prospectives et consensuelles.
  • Sur le plan structurel, nous restons à l’aise avec notre perspective centrale baissière à l’égard du dollar américain. Le rapport risque-rendement devrait continuer de favoriser une baisse du dollar américain au cours des prochains trimestres.
  • La résilience des États-Unis ne devrait pas être à la hauteur de l’exceptionnalisme américain, ce qui, dans un contexte de forte croissance mondiale, de taux plus faibles et de réserves budgétaires, est favorable aux actifs risqués et défavorable pour le dollar.

La Fed devrait maintenir le statu quo encore quelque temps

Nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale américaine reste sur la touche encore quelque temps dans un contexte de résilience de l’activité économique et de stabilisation du marché de l’emploi en ce début d’année 2026. Le rapport sur l’emploi aux États-Unis de janvier a confirmé la récente évolution positive du marché de l’emploi, le taux de chômage ayant diminué pour la deuxième fois de suite après avoir atteint 4,5 % en novembre.

Les conditions du marché de l’emploi sont le facteur que la Fed a le plus pris en compte dans sa fonction de réaction lors des récentes réunions, et l’amélioration des perspectives d’emploi devrait permettre à la Fed de reporter son attention sur le deuxième volet de son mandat, à savoir l’inflation, et son évolution attendue en 2026.

Cette situation contraste avec celle de l’été dernier, où la dégradation des conditions d’emploi a incité le Federal Open Market Committee (FOMC) à ramener ses taux à un niveau plus proche du taux neutre. À ce moment-là, les dirigeants de la Fed estimaient que la politique était trop restrictive compte tenu de la détérioration continue de la demande de main-d’œuvre.

Après une baisse des taux de 75 pdb en 2025, le FOMC estime être désormais mieux placé pour réagir à une évolution défavorable de l’un des volets de son double mandat. Ainsi, ce seront les données qui forceront la Fed à agir en 2026. Nous nous attendons à ce que le prochain levier soit une nette progression de l’inflation vers l’objectif de 2 %.

Bien que nous prévoyions toujours une baisse supplémentaire des taux de 75 pdb en 2026, nous pensons désormais que la Fed assouplira sa politique au deuxième semestre de l’année (et non plus à partir de mars). Nous continuons de prévoir des réductions de taux trimestrielles de 25 points de base en juin, septembre et décembre, ce qui porterait le taux des fonds fédéraux à 3,0 %, soit notre taux final prévu. L’assouplissement attendu ne résultera pas d’une détérioration des conditions économiques, mais plutôt de la normalisation de la politique monétaire à mesure que l’inflation reviendra progressivement vers sa cible.

La nouvelle trajectoire de la Fed que nous anticipons repose sur deux hypothèses clés :

  • Stabilisation progressive du marché de l’emploi, le taux de chômage baissant petit à petit jusqu’à atteindre 4,2 % à la fin de 2026. Cette perspective cadrerait bien avec la tendance centrale des prévisions de taux de chômage à long terme de la Fed.
  • Inflation sous-jacente montrant toujours des signes de progrès, en particulier l’évolution sur un mois des prix des dépenses personnelles de consommation (DPC) de base. Selon nous, la trajectoire mensuelle devrait avoisiner 0,2 % sur un mois en moyenne (de mars à mai) jusqu’à la réunion de juin du FOMC.

Risques pesant sur nos perspectives pour la Fed

Si les hypothèses ci-dessus ne se concrétisent pas, nous nous attendons à ce que le FOMC oriente sa politique différemment en 2026 :

  • Une politique ferme, si l’inflation persiste dans un contexte de solidité du marché de l’emploi; ou
  • Une politique conciliante, si les conditions d’emploi se détériorent soudainement.

La Fed réagira de manière asymétrique, en privilégiant des baisses supplémentaires. Dans un scénario de politique conciliante, la Fed réduirait beaucoup plus ses taux que ce à quoi nous nous attendons actuellement, tandis que dans un scénario de politique ferme, le FOMC maintiendrait les taux inchangés en 2026. Nous estimons toujours que la barre est haute pour les hausses de taux, d’autant plus que le nouveau président probable de la Fed, M. Warsh, adoptera un biais conciliant décisif.

Le taux de chômage a diminué en décembre après avoir augmenté sans relâche depuis juin

Conséquences pour les taux

Comme la Fed reste sur la touche plus longtemps, le temps d’évaluer les perspectives macroéconomiques fondamentales de l’économie, nous apportons un certain nombre de rajustements à nos prévisions de taux d’intérêt. Les principaux changements apportés à nos prévisions sont les suivants :

Révision à la hausse des prévisions de fin d’année pour les titres du Trésor à 10 ans à 3,75 %

Nous nous attendons toujours à ce que les taux baissent cette année, car nous prévoyons que l’élan économique demeure stable, que la dynamique de l’offre de titres du Trésor devienne moins défavorable et que la demande sous-jacente de titres du Trésor demeure élevée. À court terme, toutefois, nous nous attendons à ce que les taux des obligations à 10 ans se situent dans une fourchette de 4,10 % à 4,30 %, les marchés attendant d’en savoir plus sur la santé de l’économie. Il convient de noter que les données ont eu tendance à être meilleures que prévu jusqu’à la moitié du premier trimestre, mais qu’elles se sont ensuite affaiblies, ce qui pourrait contribuer à réduire les taux des titres du Trésor au cours des prochains mois. Nos prévisions de fin d’année sont inférieures à celles des indications prospectives (4,40 %) et consensuelles (4,15 %).

La courbe devrait être proche de la pente maximale, puis s’aplanir progressivement

Les préoccupations entourant l’indépendance de la Fed, l’offre de titres du Trésor et la demande étrangère pourraient continuer de peser sur la confiance des investisseurs. Toutefois, nous sommes d’avis que les courbes des taux 2/5 ans et 2/10 ans tiennent déjà compte du contexte macroéconomique du cycle. Par conséquent, nous sommes positionnés en vue d’un aplanissement de la courbe des taux 2/10 ans dans notre portefeuille modèle.

Les taux à long terme demeurent préoccupants

Malgré nos attentes d’amélioration du rendement dans la portion des obligations à échéance entre 7 et 10 ans, les obligations à long terme demeurent vulnérables; les taux des obligations à 20 et 30 ans pourraient continuer de baisser plus lentement que les autres. Le département du Trésor des États-Unis a récemment laissé entendre qu’il était en train de réévaluer les émissions, ce qui, selon nous, pourrait se traduire par une diminution de la taille des émissions d’obligations à 20 et 30 ans à l’avenir. Cela dit, le Trésor pourrait attendre que les pressions qui pèsent sur les obligations à long terme s’intensifient avant de prendre une telle mesure.

Les données économiques aux États-Unis affichent généralement une saisonnalité résiduelle favorable en début d’année avant de fléchir

Conséquences pour le marché des changes

Nous nous attendons à ce que la modification de nos perspectives quant à la trajectoire de la Fed ait une incidence limitée sur nos perspectives d’un nouvel affaiblissement du dollar. Nos perspectives reposent sur les éléments suivants :

  • un contexte de risque mondial procyclique qui nous place au milieu de la courbe du sourire du dollar américain et un contexte baissier pour le dollar américain; et
  • la poursuite de la stratégie structurelle de couverture à l’égard des États-Unis et du dollar américain, le dollar peinant à jouer son rôle de valeur refuge.

Les modifications de la trajectoire de la Fed et leur prise en compte dans les cours sont importantes pour le marché des changes, mais dans une moindre mesure que d’habitude, puisque l’accent est mis sur les risques géopolitiques et l’évolution de la perception du dollar comme valeur refuge par les investisseurs mondiaux.

Nous sommes optimistes sur le plan tactique à l’égard du dollar américain, car les données américaines sont généralement solides en janvier et en février. Toutefois, sur le plan structurel, nous restons à l’aise avec notre perspective centrale baissière à l’égard du dollar américain. Le rapport risque-rendement devrait continuer de favoriser l’affaiblissement du dollar américain au cours des prochains trimestres, car son statut de valeur refuge est mis à l’épreuve et la stratégie de couverture à l’égard des États-Unis se poursuit.

Les clients abonnés peuvent lire le rapport complet, New Fed Call: Hold Me Now, sur le Portail unique de VMTD


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Stratège en chef, Macroéconomie aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD

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Stratège, Macroéconomie aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD

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Chef, Stratégie de taux aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD

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U.S. Rates Strategist, TD Securities

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Stratège, Taux américains, Valeurs Mobilières TD

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Stratège, Opérations de change à l’échelle mondiale, Valeurs Mobilières TD

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